Lipostructure®
Bien que l’utilisation de la graisse à des fin de comblement ne soit pas une nouveauté en soi (on retrouve une publication scientifique datant de 1893), le mérite du Docteur S.R. Coleman a été d’avoir parfaitement codifié la technique, inventé une instrumentation spécifique et surtout d’avoir eu l’idée de centrifuger le prélèvement avant de l’injecter, ce qui a pour avantage indéniable l’obtention d’une graisse plus pure, d’où une meilleure tenue dans le temps.
Il s’agit en fait de l’utilisation de la propre graisse du patient prélevée à un endroit où elle est excédentaire pour l’injecter (ou greffer, ou transplanter) soit à des fins de comblement sous une zone déprimée, soit à des fins d’augmentation de volume.
La graisse est mise en place au niveau hypodermique en complément du tissu adipeux pré-existant ou à sa place respectant ainsi l’architecture anatomique locale.
Elle représente une sécurité pour le patient puisque la graisse prélevée lui appartient. Il n’y a donc aucun risque de mauvaise tolérance ni de rejet après la transplantation.
L’aspect après l’injection est tout à fait naturel, que ce soit sur le plan visuel ou sur le plan du palper : en effet, la graisse est parfaitement intégrée au niveau de la zone receveuse et n’est pas perçue comme une « boule » ou un nodule isolé.
Un complément d’injection peut être nécessaire à distance en fonction de l’évolution.
Enfin, aucune séquelle cicatricielle visible liée à l’intervention n’est perçue dans les suites.
Toutefois, une certaine expérience de la part de l’opérateur paraît indispensable pour estimer le volume de graisse à injecter ainsi que pour déterminer de façon précise la zone à traiter.
L’intervention peut s’effectuer sous anesthésie locale si la zone à traiter est minime ou sous anesthésie générale.
Le risque est un risque propre lié à n’importe quelle intervention chirurgicale (incident d’anesthésie, infection, hématome…) mais il est en pratique extrêmement rare de par l’utilisation d’un matériel atraumatique adapté et les normes d’asepsie opératoire actuelles.
L'intervention chirurgicale
Les zones pouvant être traitées sont multilples :
1 Qu’est-ce-que la Lipostructure ?
La Lipostructure est une technique chirurgicale de greffe graisseuse permettant de corriger les zones déprimées ou manquant de volume. Elle a été décrite par un chirurgien plasticien américain le Docteur S.R. Coleman il y a une dizaine d’années d’où également l’appellation de technique de Coleman. Bien que le concept de l’utilisation de la graisse comme matériau de comblement ne soit pas nouveau puisqu’on retrouve une référence scientifique datant de 1893, le mérite du Docteur Coleman a été de codifier une technique permettant une meilleure survie de la graisse injectée et donc une meilleure tenue dans le temps. L’apport de la centrifugation du prélèvement est un des éléments du succès de cette technique.
2 Quelles sont les différentes méthodes et laquelle employez-vous ?
Plusieurs autres techniques d’autotransplantation adipeuse existent bien entendu dont celle décrite par le Docteur P. Fournier, plus ancienne que la Lipostructure, connue du grand public sous le nom de Lipofilling. Le concept est différent de la technique de Coleman. Elle est plus difficilement reproductible.
J’utilise pour ma part la Lipostructure de Coleman pour plusieurs raisons :
- C’est une technique peu traumatique pour les tissus et pour les patients : en dehors d’un œdème rapidement résorbé, elle est peu douloureuse. Elle ne nécessite pas d’éviction sociale prolongée. Une reprise précoce de l’activité est possible.
- La graisse ainsi transplantée a durée de vie incontestablement supérieure par rapport aux autres techniques.
3 Quel est son intérêt et sa place en chirurgie plastique et réparatrice ?
Son intérêt est évident quand il s’agit d’apporter ou de restaurer un volume au niveau du visage par exemple. C’est une technique couramment employée dans le domaine de la chirurgie esthétique dans le cadre du rajeunissement du visage (comblement de rides, de sillons, augmentation de volume des pommettes, des joues…) mais elle trouve des indications également dans le domaine de la chirurgie réparatrice : correction de cicatrices déprimées ou rétractées, déformation post-traumatiques accidentels ou pathologiques (amaigrissement du visage notamment), malformations congénitales touchant les différents reliefs du corps, ou encore des séquelles de lipoaspiration excessive…Les applications sont ainsi nombreuses en chirurgie plastique.
4 Quelles parties du corps sont concernées ?
Le visage est une des zones les plus traitées mais toutes les parties du corps peuvent bénéficier de cette technique. A titre anecdotique, j’ai ainsi traité un cas particulier de fonte graisseuse de la plante des deux pieds chez un patient qui ne pouvait plus marcher à cause des douleurs liées à l’appui. La restauration du coussinet adipeux plantaire par Lipostructure, favorisant un meilleur amortissement des chocs, a pu autoriser à nouveau une déambulation normale sans douleur. Mais les applications existent également en dehors du domaine de la chirurgie plastique comme en ORL où les chirurgiens l’utilisent pour injecter de la graisse dans les cordes vocales ou dans la paroi postérieure du pharynx par exemples.
5 Quelle est plus précisément sa place actuelle dans le domaine de la chirurgie esthétique de rajeunissement du visage ?
Pour comprendre son intérêt, quelques notions sur le vieillissement :
Il se traduit précocément par une perte du volume graisseux du visage puis plus tardivement par un relâchement musculo-cutané.
Un autre phénomène est l’apparition des rides, véritables cassures de la peau, qui se fait concomitamment et va en s’accentuant. La lipostructure trouve une place de choix parmi les techniques actuelles de chirurgie esthétique. En effet, pour traiter les stigmates du temps, nous disposons jusqu’à récemment d’un côté des techniques d’ordre médical à savoir les produits de comblement de rides, le laser, le peeling… et de l’autre la chirurgie étiquetée plus lourde comme le lifting du visage. Je pense qu’il existe un moyen intermédiaire qui est représentée par la Lipostructure et qui s’adresse à cette population charnière de la quarantaine qui présente les premiers stigmates du vieillissement, à savoir la perte de la plénitude juvénile du visage due à la fonte graisseuse, chez qui les solutions médicales deviennent insuffisantes mais dont l’indication de chirurgie type lifting semble encore précoce voire excessive…
Il faut savoir que le lifting est un acte chirurgical qui comporte des cicatrices et corrige essentiellement le relâchement musculo-cutané.
Les produits de comblement de rides ne corrigent que les cassures de la peau et ont peu d’effet « volumateur ». Seule l’utilisation de l’autogreffe de graisse, en l’occurrence par Lipostructure, permet une restauration harmonieuse et naturelle de l’ensemble des volumes du visage. Technique 100% naturelle, la Lipostructure ne présente pas de risque d’intolérance ou d’allergie, et l’absence de cicatrice en fait une méthode de choix.
Cependant, loin d’être exclusive, la Lipostructure peut également venir en complément d’un lifting ou de l’injection de produits de comblement de rides.
6 Quels en sont les résultats ?
Ils s’apprécient à deux niveaux : durabilité de la tenue de la graisse transplantée et bénéfice d’ordre esthétique.
Le matériel utilisé est destiné à pouvoir obtenir un prélèvement de qualité et une mise en place de la graisse au niveau du site receveur permettant une tenue durable. Cependant, les résultats sont parfois inégaux. En effet, la façon de prélever et d’injecter, le volume utilisé, ont une influence directe sur la survie de la graisse, ce qui explique des résultats inconstants entre opérateurs différents. Quant au résultat esthétique, il dépend du sens artistique de chaque chirurgien. Il s’agit d’une véritable sculpture : le chirurgien effectue un véritable modelage des contours. Mais à la différence des objets, l’être humain est vivant de par ses expressions propres. Ainsi, il faut parfois savoir garder sur un visage, par exemple, une ride ou fossette qui se démasque au sourire et qui fait le charme et l’unicité de chaque individu.
7 Quelles sont les contraintes pratiques pour ce type d’intervention ? Combien de temps dure l’intervention ? Y-a-t-il des soins post-opératoires ?
L’intervention consiste dans un premier temps à prélever de la graisse au niveau d’un site donneur (abdomen par exemple) puis à centrifuger le prélèvement pour isoler la graisse avant de la réimplanter par injection au niveau du site receveur. C’est une intervention souvent pratiquée sous anesthésie générale pour le confort du patient et pour une meilleure précision du geste chirurgical (la zone à corriger n’est pas masquée par l’infiltration d’anesthésiants locaux gênant l’appréciation de l’ampleur de la correction).
La durée de l’intervention est variable selon le nombre et l’importance des sites à traiter. Elle excède cependant rarement deux heures. Il est cependant important que le délai entre l’extraction et la réimplantation de la graisse soit le plus court possible pour ne pas que celle-ci s’altère au cours de son séjour en dehors du corps, ce qui est préjudiciable à sa survie. Les soins post-opératoires sont réduits au minimum. L’utilisation d’antiseptiques standards au niveau des zones de ponction associée à une antibioprophylaxie de courte durée est suffisante. Des antalgiques sont à prendre à la demande car c’est une intervention très peu douloureuse.
8 Existe-t-il des possibilités de retouche ?
Comme toute intervention en chirurgie en générale et en chirurgie plastique en particulier, une retouche peut être nécessaire. Parfois pour améliorer le résultat d’une zone déjà traitée, parfois pour traiter des zones voisines. Elles n’a pas de caractère obligatoire et dépend souvent des souhaits du patient.
9 Existe-t-il des contre-indications ? Quelles sont les causes d’échec ?
En dehors des contre-indications d’ordre médical notamment de l’ anesthésie générale et des impossibilités d’ordre technique (absence de site donneur de graisse), l’intervention peut être effectuée dans la majorité des cas.
L’échec peut être évaluer à deux niveaux : tenue de la graisse dans le temps (qui est mauvaise avec résorption rapide) et qualité esthétique du résultat (qui est mauvaise). Les causes d’une résorption graisseuse rapide peuvent être d’ordre technique par manipulation excessive et traumatique du tissu avant son implantation. Avec l’expérience, ce risque est réduit au minimum sans être nul. Elles peuvent également être liées à l’état du patient. En effet, dans certaines pathologies, on assiste à une perte de graisse au niveau de certaines zones du corps liées à la prise de certains traitements. La réparation de ces zones creuses où la graisse a disparu par Lipostructure est possible mais la graisse ainsi transplantée peut être sujette à un certain degré de résorption liée à l’effet persistant des médicaments. Quant au résultat esthétique, il est bien évidemment le plus important. En effet, quelque soit le degré de bonne tenue de la graisse transplantée, si le patient n’est pas satisfait, on peut parlé d’échec. Il est ainsi absolument primordial de faire le point avant l’intervention avec le patient sur ses souhaits afin de déterminer avec la plus grande précision les zones à traiter et leur ampleur. Ainsi, dans les injections graisseuses à visée de rajeunissement du visage, il est possible pour le chirurgien de s’aider de photographies anciennes du visage du patient.
